11 octobre 2026 · 1 min de lecture
Otzarreta, une nuit blanche pour quelques minutes de lumière
Deux heures de route en pleine nuit pour rencontrer les hêtres ététés d'Otzarreta, au Pays basque espagnol, à l'heure où la forêt n'appartient à personne.
2 h 30
Le réveil sonne dans une maison endormie. Je me lève sans bruit, le sac est prêt depuis la veille. Dehors, la nuit est totale.
Deux heures de route vers le sud, vers les montagnes du Pays basque espagnol. Les phares découpent les virages, la radio reste éteinte. Il n'y a que moi, la route, et cette idée fixe : être dans la forêt d'Otzarreta avant que le jour ne s'y lève.

L'approche de nuit
J'entre dans la forêt à la lampe frontale. Le faisceau accroche des troncs tordus, des branches qui s'ouvrent comme des bras, des racines qui rampent sur le sol. De nuit, les hêtres ététés ressemblent à des créatures figées en plein mouvement.
Je trouve ma place, j'installe le trépied, et j'éteins la lampe.

L'attente
Le froid qui monte par les pieds, l'humidité du ruisseau, le noir complet. Et la solitude — pas celle qui pèse, celle qui apaise. Une quiétude rare, que l'on ne trouve qu'à ces heures où le monde n'appartient encore à personne.
Au loin, puis tout près, les chouettes se répondent. Leur chant est la seule voix de la forêt, et je n'ose pas bouger pour ne pas l'interrompre.

Le lever du jour
Lentement, le ciel pâlit. Les silhouettes sortent de l'ombre une à une. Et soudain le soleil perce entre les troncs : ses rayons traversent la brume, embrasent le tapis de feuilles rousses et viennent caresser les racines couvertes de mousse des vieux hêtres.
Le décor d'un conte, réel pendant quelques minutes à peine.

Les plus beaux arbres du monde
Les hêtres ététés d'Otzarreta sont pour moi parmi les plus beaux arbres du monde. Façonnés pendant des siècles par la main des hommes, puis rendus à eux-mêmes, ils ont pris ces formes extraordinaires qui font de ce lieu un endroit à part.
Ces images, c'est cette nuit-là, ce silence-là, et ces quelques minutes de lumière qui valaient chaque heure de sommeil perdue.